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D’un retournement l’autre : une satire politique

Une comédie musicale sérieuse, traitant de la crise financière, écrite par le célèbre économiste Frédéric Lordon et cela en alexandrins modernes, mise en scène par Judith Bernard dans une salle intimiste avec un pianiste et sept acteurs talentueux… La pièce de théâtre D’un retournement l’autre est dotée de tous les éléments nécessaires pour plaire. Si les rires font sans cesse vibrer la salle, le message fait surtout méditer sur notre avenir.

Connue pour son esprit critique, la troupe ADA se forme en 2002 à l’initiative de Judith Bernard, comédienne et metteur en scène expérimentée. Elle-même auteur de plusieurs pièces de théâtre (Domino, 2008 ; Cabaret Beau Joueur, 2010), Judith Bernard est également connue en tant qu’animatrice d’émissions littéraires à la télévision. Le mariage théâtral de Frédéric Lordon et Judith Bernard résulte en une critique ouverte de la situation économique des temps modernes. Ceux qui suivent ADA depuis ses débuts connaissent par exemple Top Dogs et le Cabaret Beau Joueur. Sans doute, il leur apparaîtra naturel et logique que la troupe mette en scène cette nouvelle pièce percutante.

Dans D’un retournement l’autre, on retrouve des banquiers cyniques, des conseillers lucides, un ministre flagorneur, un gouverneur de Banque Centrale perfide et un président de la république incohérent et impulsif. Pour résumer en une phrase : les banquiers, touchés par la crise des « subprimes » et inquiets pour leur propre sort, viennent demander davantage d’argent au Président, mais les dégâts sont importants et la dette publique pousse le pays à la ruine. Chaque rôle est inscrit sur des étiquettes collées sur les vestes des acteurs. En un habile coup scénique l’acteur se transforme de banquier en conseiller. Sur scène sont présents Aurélie Talec, Benjamin Gasquet, David Nazarenko, Benoît Résillot, Gilbert Edelin, Sylvain Merle ainsi que Judith Bernard.

En incarnant le président de la République française, Benjamin Gasquet joue brillamment le rôle principal. Pétri de tics et de glapissements qui rappellent sans  aucun doute un président contemporain, il affirme cependant qu’il s’est plutôt inspiré du grand Louis XIV, le roi Soleil, ajoutant  à la pièce une touche intemporelle. Loin d’être un « benjamin » du théâtre, il avoue pourtant que cette pièce exigeait de nombreuses prouesses. Alexandrins, chants, sujet pointu… il a dû, à plusieurs reprises, se plonger intensément dans la lecture pour en saisir tous les détails. A vrai dire, un « simple spectateur mortel » non-expert dans le domaine doit de son côté être constamment concentré pour pouvoir suivre toute l’histoire…

La pièce se veut une satire cuisante de l’actuelle situation politico-économique. Comme le précise Benoît Résillot, un nouveau-venu dans la troupe ADA, l’ensemble des sept acteurs a le privilège de partager le même point de vue politique. Ainsi, ils s’imprègnent avec aisance de leurs rôles et leur message résonne d’une voix aiguë dans la salle du petit théâtre de Montmartre.

Si le sujet rassemble, les alexandrins de leur côté divisent l’opinion dans les rangs. Plusieurs acteurs affirment avoir eu des difficultés avec ce genre littéraire poétique. Il faut avouer néanmoins qu’ils ont relevé le défi avec succès, avec de rares hésitations et corrections. Répéter les vers en respectant des règles d’accentuation, crée un rythme constant, typique des alexandrins. Selon Gasquet, cette ponctuation régulière, ce découpage rythmique, devient la meilleure mnémotechnique pour retenir les douze syllabes. « Personnellement, je n’ai eu aucune difficulté avec l’apprentissage des alexandrins, » explique à l’opposé Résillot qui est effectivement un habitué de Racine et de Corneille. Il affirme cependant que le langage du 17e siècle diffère radicalement de celui, ultramoderne, utilisé dans D’un retournement l’autre. Cette apparente contradiction a un effet bluffant.

Le seul petit bémol vient du fait que les acteurs ne sont pas tous des chanteurs professionnels et la voix  leur fait parfois défaut… Heureusement, ils sont sauvés par le talentueux musicien-compositeur, Ludovic Lefebvre, qui les accompagne en douceur depuis son piano.

A la fois intelligente et enrichissante, amusante et pédagogique, cette pièce mérite d’être vue. Même une deuxième fois pour mieux saisir ses détails les plus pointus.

Pour réserver cliquer ici.

FICHE PRATIQUE :

D’un retournement l’autre

de Frédéric Lordon (Seuil, 2010)

Adaptation et mise en scène :

Judith Bernard

Avec :

Judith Bernard

Gilbert Edelin

Benjamin Gasquet

Sylvain Merle

David Nazarenko

Benoît Résillot

Aurélie Talec

Musique originale et au piano :

Ludovic Lefebvre

Mise en chant :

Judith Bernard

Régie :

Alexandre Barthélémy

Durée du spectacle : 1h10

Production : ADA-Théâtre

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Un duo spectaculaire : le Centre de Danse du Marais et Maggie Boogaart se présentent

Le Centre de danse du Marais vient de fêter sa fin d’année de cours par un somptueux gala. Le 25 juin dernier, l’arène du Cirque d’hiver de Paris s’est rapidement remplie d’amateurs de danse et de spectateurs curieux. La formule était parfaite : une énergie positive entre le public et les danseurs, des spectacles de qualité, de la musique du monde entier, un décor sympathique… Ce succès n’est pourtant pas si étonnant. A vrai dire, le Centre de danse du Marais est doté d’une longue expérience, ses salles sont bien équipées et ses professeurs excellents. L’école, cependant, ne s’endort pas sur ses lauriers, elle rafraîchit constamment son offre avec de nouveaux ateliers et ouvre ses portes aux professeurs internationaux. Cette année, une chorégraphe néerlandaise, Maggie Boogaart, vient enrichir le centre avec une technique de danse contemporaine crée par la célèbre Martha Graham. Son spectacle, PASSION, est une première à Paris. Comme elle l’explique dans notre interview, c’est avec le plus grand plaisir qu’elle travaille désormais avec des Français.

Qui aurait pu croire que l’histoire fascinante du joyau architectural de la 41 rue du Temple débute déjà à l’époque de la renaissance ? En effet, le lointain XVIe siècle a vu poser la première pierre de ce complexe charmant qui représente aujourd’hui l’un des plus éminents centres de danse de Paris. Antoine Carrance, qui en est l’actuel directeur, explique ainsi comment le bâtiment est devenu une grande fierté familiale. En 1930, son grand-père serait tombé amoureux de la jolie cour pavée et s’est rapidement décidé à acheter l’ensemble des édifices l’entourant. Le garage qui s’y est installé n’avait certes encore rien d’artistique et le Marais tout entier n’était qu’un quartier sans importance particulière. Cependant, tout a changé quand la mère d’Antoine, Micheline Carrence, pharmacienne de profession, s’adonna passionnément à la danse et lorsqu’elle consacra la salle principale au grand compositeur classique Beethoven. Au fur et à mesure, les lieux longtemps occupés par des couteliers, des orfèvres, des fournisseurs de papeteries, se transformèrent tous progressivement en salles de danse. Son emplacement au cœur du 4eme arrondissement parisien, qui lui aussi s’est relevé tel un phénix de ses cendres, a contribué au développement de l’école. Depuis les années 70, simultanément avec le quartier, le centre a gagné en notoriété. Désormais, l’esprit branché du Marais se marie à la perfection avec l’ambiance artistique de l’institut de danse.

L’histoire de cet établissement est donc une histoire d’amour et de dévotion depuis sa création. Cela s’explique également par le fait qu’à l’exception des professeurs tous hautement qualifiés, 80 % des danseurs, qui composent le centre, sont des amateurs. Il n’y a pas de limites dans ce domaine, le succès résiderait dans une volonté ardente et une passion des petits comme des grands, des hommes comme des femmes, et enfin des néophytes comme des professionnels. Pas moins de 30 disciplines y sont représentées. Entre modern-jazz, barre au sol, flamenco, salsa, tango, afro, yoga et d’autres, les visiteurs ont l’embarras du choix. La plus importante place est néanmoins occupée par la danse classique suivie de près par la danse contemporaine. Les professeurs permanents qui y dispensent des cours durant l’année sont généralement tous Français et leur notoriété est indiscutable – d’ailleurs, deux professeurs de l’Opéra de Paris sont également parmi eux. En période estivale, ils cèdent souvent leurs places aux enseignants étrangers qui offrent des ateliers et des stages temporaires multiples et variés. Les élèves peuvent toujours choisir parmi les niveaux débutant, moyen, avancé et même intermédiaires (débutant/moyen et moyen/avancé). N’est-il pas stupéfiant de savoir que près de 400 cours y sont enseignés par semaine ? Quand on entre dans cet univers multicolore, les rythmes et les sonorités diverses nous envahissent : les pianistes, les batteurs et autres musiciens accompagnent régulièrement les cours. Les fenêtres entrouvertes, donnant sur la cour carrée, laissent alors rêver les passants qui peuvent profiter du spectacle mouvementé tout en sirotant un cocktail sur la terrasse intérieure.

Pour présenter son école à un large public, Antoine Carrance continue la tradition de sa mère : organiser tous les deux ans un spectacle imposant dans une salle renomée de Paris. Ainsi, depuis 1970 déjà, ce challenge artistique remplit les théâtres comme ceux de Mogador, Chaillot, ou du Casino de Paris. Cette année, l’audience était invitée au célèbre Cirque d’hiver les 25 et 26 juin. On peut maintenant le dire, l’événement est devenu une tradition et un « must » dans l’agenda parisien. Au programme de 2011, 57 représentations de tous les styles et près de 1000 danseurs ! Comme l’explique le directeur, la scène du cirque est très appropriée à de telles performances. Sa forme ronde et ses tribunes superposées permettent une certaine fluidité stratégique et une imagination illimitée de mouvements. Les chorégraphes ont su profiter de ces avantages, ainsi le spectacle s’est transformé en soirée vibrante et pittoresque. En passant par les danses orientales, africaines, cubaines, américaines, brésiliennes, balinaises, européennes et autres, les artistes ont parcouru un véritable tour du monde. Ils ont brillé dans des styles multiples : contemporain, flamenco, salsa, hip hop, claquettes, modern et street jazz… Les spectateurs ont même eu la possibilité d’admirer une session endiablée de percussions africaines, une chorale et une comédie musicale. Antoine Carrance affirme avoir été très satisfait du résultat de cet événement de fin d’année.

A chaque fois le spectacle s’enrichit de quatre ou cinq nouveaux groupes. L’invitée très spéciale de l’année 2011 est sûrement la chorégraphe néerlandaise et danseuse professionnelle, Maggie Boogaart. Elle est l’une des rares enseignants étrangers qui après avoir fini leurs cours d’été décident de rester dans les murs du centre du 4eme. Formée et agréée par l’école Martha Graham de New York, elle fait également partie du cercle restreint de professeurs internationaux qui ont le droit d’enseigner cette technique contemporaine. Ainsi, pour la première fois en France, tous ceux qui souhaitent apprendre ou approfondir les techniques et le répertoire de Martha Graham, peuvent se rendre à son stage d’été unique dispensé au Centre de danse du Marais (voir le carré ci-dessous).

Formée auparavant à la London Contemporary Dance School, Maggie Boogaart s’est produite à l’international en tant que soliste avec de nombreuses compagnies et chorégraphes de danse contemporaine : Suki John, Ann Carlson, Jeanette Stoner, Dansersstudio Amsterdam… Pendant dix ans, de 1999 à 2009, elle a enseigné la technique Graham dans les principaux conservatoires de danse des Pays-Bas. Elle a ensuite décidé de découvrir Paris. « Reine de la danse, libre, spontanée, cette ville est très différente de mon pays sous influence Calviniste, » explique-t-elle. La chorégraphie de PASSION a vécu sa première sous le chapiteau du Cirque d’hiver et marque alors le début de la création de l’artiste en France.

Une pièce de haut vol ; la chorégraphe néerlandaise a poussé loin son exigence envers les danseurs, pourtant majoritairement amateurs. Elle a prouvé ainsi sa profonde maturité pédagogique et artistique. Si elle a pu créer une telle performance, c’est aussi parce qu’elle a travaillé avec 17 interprètes exceptionnels qui suivaient fidèlement ses consignes tout en restant libres de leur propre expression artistique. L’histoire d’une tribu, entre le conscient et l’inconscient, des figures innovantes, des sauts impeccables, des pas de deux et de trois très élaborés, des costumes simples permettant des mouvements félins… Les rythmes de la musique du compositeur Peter Gabriel propulsait les danseurs vers une transe, pendant que la mezzosoprano Chieko Hayashi les inspirait pour écouter leurs voix intérieures. La chorégraphe s’explique d’avantage :

1. L’historie de la tribu semble très cohérente, bien réfléchie et tout à fait vraisemblable. Comment as-tu eu l’idée pour la chorégraphie ; d’où vient ton inspiration ?
J’étais toujours intéressée par tout ce qui venait des profondeurs de l’homme. En effet, j’ai mené des recherches sur les liens entre les émotions et les mouvements, les droits des femmes, les relations interpersonnelles, sur l’équilibre intérieur etc., ce qui notamment a été publié dans « Body in Peace » du kinésithérapeute belge Jan B. Eyskens. Pour la chorégraphie de PASSION, j’ai donc continué avec cette philosophie et je me suis laissée inspirer par des rituels anciens des tribus qui vivent en harmonie avec la nature. Expérimenter un rituel en groupe augmente la conscience commune, les relations fortes se nouent entre les membres et la tribu se rapproche. Leur ‘vibration’ monte, l’énergie est unificatrice, les esprits se connectent et finalement ils arrivent a un point inattendu – les individus, jadis, éléments isolés, s’assemblent et deviennent ‘un’.

2. Y-a-t-il des rôles maîtres ou tous les danseurs sont égaux et forment l’unité de la tribu ?
Dans chaque groupe il y a des rôles différents pour des gens différents. On a toujours besoin de ‘savants’ et de ‘leaders’. C’est donc un processus naturel qui protège le bien-être de la tribu. Dans la PASSION on voit par exemple un groupe de huit femmes qui entrent sur scène au début, car elles viennent repérer les lieux en premier. Un peu plus tard, les hommes les suivent protégeant un autre groupe de femmes, qui vivent une transe profonde. La voix de la chanteuse, qui envahit ensuite la scène, est comme un guide qui aide la tribu à se (re)connecter et créer des liens entre la terre et le ciel (l’existentiel et le divin). Au même moment on voit une apparition qui accompagne cette voix et après encore une autre. La tribu est ainsi prête pour un développement de sa conscience collective. A la fin, les membres deviennent une unique force, où chaque élément est néanmoins important et indispensable.

3. Cette égalité se reflète aussi à travers des costumes simples qui épousent complètement les formes du corps ce qui donne une apparence naturelle. Pourquoi as-tu choisi de tels habits et quel est leur rôle ?
J’aime parler avec le corps et je préfère le moins de vêtements possible, ce qui me pousse souvent à choisir un costume minimal. Cette fois j’ai travaillé tant avec des danseurs professionnels entraînés avec des corps déjà ‘sculptés’ qu’avec des danseurs amateurs dotés d’un bon niveau (avec des corps ‘en train de devenir sculptés’). Les couleurs y jouent également un rôle. J’ai choisi le rouge pour la passion terrestre, le dorée et le blanc pour les êtres d’un autre monde.

4. La musique de Peter Gabriel se prête bien au spectacle, comment l’as-tu choisie ?
Depuis 10 ans je souhaitais travailler sur sa musique, j’attendais seulement la bonne occasion. Ce qui me plaît le plus chez lui, ce sont les pulsions, le rythme énergique. Cette année j’ai finalement eu la chance de pouvoir guider un bon groupe de danseurs qui ont su rapidement adapter des mouvements fluides et félins. Quand le Centre de Danse m’a proposé de faire une création avec eux, j’ai tout de suite pensé à utiliser ce fond musical. Quelle chance !

5. Si tu fais une auto-analyse: dans quels mouvements de la chorégraphie les « influences Graham » sont selon toi les plus visibles? Dans quels pas, figures ?
On peut remarquer ces influences quasiment dans tous les gestes. C’est dans l’intensité, dans la manière de bouger, de se déplacer dans l’espace, d’occuper le territoire… Chaque mouvement vient de l’intérieur, de la respiration. Les danseurs ‘vivent’ la chorégraphie. Il s’agit aussi du partage de l’énergie avec le publique. Pour cette chorégraphie j’ai utilisé beaucoup de mouvement classiques ‘Graham’, afin de donner la chance a mes élèves d’apprendre cette technique. En général, si je travaille uniquement avec des danseurs professionnels qui ont déjà une certaine connaissance de ‘Graham’, je crée davantage mes propres mouvements. L’origine est certes encore new-yorkaise, surtout les gestes du bassin et du périnée, mais mes mouvements sont souvent encore plus félins. Ils demandent néanmoins une haute connaissance des techniques ‘Classiques’ et ‘Graham’.

6. Quels sentiments t’envahissent maintenant, à la fin de ta première chorégraphie en France ? C’était un défi pour toi ?
Bien sûr, la chorégraphie PASSION d’une durée de huit minutes était pour moi un vrai challenge, même si la plupart de mes créations dure entre 30 et 90 minutes. Avec ma compagnie professionnelle aux Pays-Bas, j’ai eu souvent de grandes difficultés à trouver des danseurs qui osaient se laisser aller complètement ou qui osaient essayer des choses inconnues, se connecter avec l’esprit animalier, qui est dans chacun de nous, et s’exprimer librement. Tel un réfugié artistique des Pays-Bas en France je me sens de nouveau libre d’être moi-même. Avec mes élèves parisiens nous avons travaillé pendant dix matinées sur des mouvements félins et hypnotiques ce qui est loin d’être une tâche facile. Je suis agréablement surprise par le haut niveau que nous avons pu atteindre ensemble. Pour ma part j’ai entraîné et guidé, les danseurs de leur côté m’ont fait complètement confiance dans tout ce que je leur ai demandé à découvrir et à réaliser. Ainsi, ils sont allés beaucoup plus loin qu’ils n’auraient cru au début. Je suis vraiment très fière d’eux ! En janvier 2010, j’ai quitté mon domicile à Amsterdam pour travailler en France et à l’international. Aujourd’hui, je peux confirmer que Paris est pour moi un coup de foudre tant au niveau professionnel que personnel. C’est avec grand plaisir que je partage mon expérience et ma connaissance lors de mes cours, chaque jour au Centre de Danse du Marais. Souvent, j’organise également des stages nationaux et internationaux. Soyez bienvenue !

Carré pratique :
Informations sur la chorégraphie :
Titre : PASSION – Premiere : 25 juin 2011, Cirque d’Hiver
Choregraphe : Maggie Boogaart
Musique : Peter Gabriel
Chant : Chieko Hayashi (mezzosoprano)

Danseurs/interprets :
Adrien Tasic, Alice Guilhamon, Aurelie Lung Tung, Cindy Ogiez, Elsa Delcombel, Ghislain de Compreignac, Hélène Raulin, Lisa Meyer, Maggie Boogaart, Maija Rutkovska, Malgorzata Patok, Marie Mazzella di Bosco, Maud Millet, Michelle Jacobi, Sandrine Parrinello, Sarah Avelisjan – Segealon, Rafael Molina

Le stage « Maggie Boogaart technique et répertoire Martha Graham » :
Du 4 au 30 juillet 2011 – Centre de Danse du Marais, 41 rue du Temple, 75004 Paris ;
1 – Stage Virtuosité : technique & répertoire Graham et barre au sol
contemporain – pour avancés/professionnels
2 – Stage Découverte : technique Graham et barre au sol
contemporain – pour débutants / moyens
3 – Stage Préparatoire : barre au sol contemporain – tous niveaux
4 – Cours à l’unité – différents niveaux.

Le prochain spectacle de fin d’année du centre aura lieu en 2013.

Pour d’autres renseignements concernant les cours au Centre de danse du Marais voir le site : http://www.maggieboogaart.com et http://www.parisdanse.com.

Galerie : Quelques instants volés en coulisses :

Cinéma: Mardi après Noël (Radu Muntean)

Réalisateur : Radu Muntean
Acteurs : Mimi Branescu, Mirela Oprisor, Maria Popistasu
Titre original : Marti, Dupa Craciun
Genre : Drame roumain
Durée : 01h39min
Année de production : 2009

1ere scène : Introspection dans la chambre des amants.
Paul et Raluca, son amante.
Nudité, intimité, très décomplexé, très naturel.
2eme scène : Les achats de Noël.
Paul et Adriana, sa femme.
Banalité, complicité, très tranquille, très habitué.
Elément de déclenchement: Croisement inattendu des forces.
Paul et Adriana et Mara, leur fille.
Et Raluca, dentiste.
Ignorance et naïveté contre chocs, stress et surprise.
Top : Les aveux.
Paul et Adriana, couple détruit.
Colère, orgueil, jalousie, violence sensuelle et finalement tristesse.
Fin : La soirée de Noël.

Le scénario simple d’un triangle amoureux classique semble banalisé par le caractère plutôt ordinaire des protagonistes. Dépourvu de violence et de clichés, ce film du réalisateur roumain Radu Muntean comporte nombre de scènes intimes, de moments de vulnérabilité, de sensibilité, de souffrances cachées, d’inquiétudes, de douceur. Souvent filmées en caméra rapprochée et cadres lent, les scènes nous font percevoir finement les chagrins ou passions des protagonistes.

Les intimités quotidiennes de la vie conjugale aussi bien que la passion née de la vie adultère sont présentées sous un angle neutre, sans préjugés, mais plein de finesse. Le film aborde une situation que de nombreux couples ont vécue. C’est un réalisme intime, un chuchotement, un tournoiement naturel des sensations, sans excès, sans extrêmes. Il n’y a pas de héros ni de méchants. Tous les personnages sont délicieusement humains, avec leurs qualités et leurs faiblesses.

Raluca aime, mais doit gérer le poids de la responsabilité d’une autre famille qu’elle est en train de briser. Elle souffre en silence. Paul est amoureux, le reconnait, et souffre de culpabilité. Adriana aime son mari, mais ne peut accepter la trahison, donc est voué à la souffrance également. Muntean nous dépeint un monde racinien doté d’une certaine fatalité. La fin n’est pas un happy end. Paul, aimant les deux femmes, perd la première et on peut supposer qu’il perdra aussi la seconde. L’absence physique de Raluca dans la dernière partie du film invite à penser à ce dénouement désastreux possible. L’épouse est extraordinaire dans son orgueil blessé, puis dans sa résignation et dans son organisation conséquente.

La fin amère met en exergue la lourdeur des conséquences de la situation ainsi que son caractère probablement irréversible. On a le pressentiment qu’au final, chacun se retrouvera seul – infiniment seul avec ses souvenirs.

Synopsis du film sur le site d’AlloCiné :

« Paul et Adriana sont mariés depuis dix ans et ont une petite fille de 8 ans, Mara. Depuis six mois, Paul entretient une liaison extraconjugale avec Raluca, dentiste. Paul, qui essaie de partager les quelques jours précédant Noël entre Raluca, la recherche des cadeaux et les soirées en famille, décide de faire une dernière visite avec Mara au cabinet de Raluca. Un imprévu dans l’emploi du temps d’Adriana fait que les deux femmes se rencontrent pour la première fois. Sans donner lieu à une confrontation, cette rencontre met Paul face à un choix difficile. »
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=180429.html

Réalisateur :
www.toutlecine.com/star/0023/00230547-radu-muntean.html

Bande annonce :
www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19175634&cfilm=180429.html

© Aja Barbo Gruden
Paris, le 11 novembre 2010
dans la collection : « les plus beaux films 2010 »