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Castors en Ardèche

Le castor ardéchois vit le long de certains cours d’eau et des ruisseaux où les berges sont plantées d’arbres et d’arbustes feuillus. Au début du XXe siècle, il ne restait en Europe que très peu de castors car sa fourrure était recherchée et sa chair réputée goûteuse. Les peaux de castor servaient à la fabrication de chapeaux.

Depuis 1979, le castor est une espèce protégée au niveau Européen. Grâce aux efforts de conservation, l’espèce renaît progressivement.

Le castor est l’un des plus gros rongeurs du monde. Un adulte pèse en moyenne de 15 à 30 kg. La longueur de l’animal, y compris sa queue de 30cm, peut dépasser 1 mètre. Les castors vivent 7 à 8 ans en moyenne, 15 à 20 ans au maximum. Le jeune castor ici filmé en Ardèche n’a pas encore atteint ces dimensions. Ses mœurs sont nocturnes, il est principalement actif en début et fin de nuit. Il consacre environ les 2/3 de son activité nocturne au milieu aquatique : déplacement, consommation de végétaux et 1/3 de celle-ci sur le sol : recherche de nourriture, abattage d’arbustes, toilettage, marquage du territoire. Trapu, court sur pattes, le castor se meut lentement et maladroitement sur la terre ferme. Craintif, effrayé il se sauve très vite car il y est habituellement en danger. Ses principaux ennemis en Ardèche sont les chiens (notamment au moment de la chasse qui dure presque toute l’année) les pécheurs et les vacanciers qui le dérangent sans arrêt. Dans l’eau, cependant, il est un nageur gracieux et un excellent plongeur.

Le castor est bien adapté à son habitat aquatique. Durant la nage, une fine pellicule transparente recouvre ses petits yeux ronds et lui permet de voir aussi bien dans l’eau qu’en surface. Les narines et les oreilles, petites elles aussi, se ferment quand l’animal plonge. Sa queue plate, recouverte d’écailles, est utilisée comme gouvernail, propulseur, trépied pour atteindre les plus hautes branches ou comme signal d’alarme en tapant à la surface de l’eau. Ses pattes arrière portent cinq longs orteils griffus et sont palmées pour la nage. Le castor utilise ses griffes pour entretenir son pelage. Son épaisse fourrure brune consiste en une couche de duvet et une toison extérieure de gros poils protecteurs. En nettoyant et huilant continuellement son pelage dense, le castor lui conserve son imperméabilité. Il peut faire de l’apnée pendant près d’une dizaine de minutes.

Le castor est aussi pourvu d’incisives longues, aiguës et fortes qui poussent continuellement. Ainsi, au fur et à mesure qu’il frotter les incisives supérieures contre les inférieures, leur extrémités deviennent tranchantes comme un couteau. Le castor est un bon bucheron et peut abattre de gros arbres. Dans les zones minérales des Gorges, il est devenu cavernicole. Mais il creuse le plus souvent des terriers dans les berges ou construit des huttes dans une accumulation d’eau proche. Via une ou plusieurs entrées sous l’eau, il accède à une pièce qui sert d’aire de vie, une chambre étanche et un puits d’aération. Les dimensions varient selon la taille de la famille et le nombre d’années d’occupation.

Monogame, le castor s’accouple pour la vie et donne naissance chaque printemps en moyenne à 2 petits qui ont un pelage bien fourni et une denture déjà bien acérée. Les castors peuvent se reproduire dès l’âge de deux ans où ils quittent leur famille et émigrent le long des cours d’eau pour aller s’accoupler à leur tour et créer leur propre foyer. Le régime alimentaire est strictement végétarien. La base de son alimentation est la cellulose. Il se nourrit, selon la saison, de végétaux herbacés en été, et d’écorce et de bourgeons de saule en hiver en raison de son bois tendre. Les branches de plus de 2 ans sont écorcées et l’abattage des arbres a lieu à l’automne et au printemps. Pour qu’il puisse consommer ses 2 kg de matière végétale par jour, il convient que la ripisylve s’étende sur au moins 5m de large.

En raison de son mode de vie essentiellement aquatique, qui lui assure une excellente protection, le castor demeure vulnérable lorsqu’il explore les berges à la recherche de nourriture. La loutre peut pénétrer dans son habitat et tuer sa progéniture. De soudaines crues peuvent aussi forcer l’animal à quitter son logis et affronter les dangers. Menacé, le castor défend chèrement son espace vital. Il fait face à l’agresseur, l’attend, accroupi sur ses pattes arrières et émet un sifflement aigu avant de s’élancer et de chercher à mordre. Il vaut mieux se tenir loin de lui s’il se sent acculé. Le Castor peut être confondu à la nage avec le Ragondin. Le Castor a une nage très coulée, le corps est presque totalement immergé sauf la nuque et la moitié supérieure de la tête. Le Ragondin nage en surface, la totalité de la tête et le haut du dos émergent. Le rapport de la longueur de la tête sur celui du corps (sans queue) est d’environ 1/5ème pour le Castor et d’1/3 pour le Ragondin.

Si vous avez le privilège de rencontrer un castor dans la nature, assurez-vous de ne pas le déranger. La survie de l’espèce en dépend.

© Aja Barbo Gruden
Ardèche, Septembre 2010
Texte de la voix off
Voir les autres vidéos sur : www.ardechevideo.com

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